THAILANDE EN CONCLUSION (THAILANDE) - MAI 2010



     En Thaïlande, nous avons roulé près de 5000 km, nous avons vu des plages paradisiaques au sud, des villes désolantes à l'est, des tigres dans le centre, des montagnes dans le nord, des éléphants, la frontière birmane. Nous avons rencontré des gens très drôles, des très tristes, des fous, des paumés, des très chouettes, des généreux. Nous avons considérablement régressé en anglais car les quelques Thaïs qui parlent anglais parlent aussi mal que nous. Nous n'accordons plus, nous ne conjugons plus, Julien s'entête à dire "By hasard" et tout le monde semble le comprendre. Nous savons maintenant que les Thaïs se marrent tout le temps, qu'ils sont insensibles au bruit (ils peuvent dormir n'importe où, n'importe quand. Même si un défilé de poids lourds passe à 10 cm d'eux, ils ne sont pas dérangés...), ils sont obsédés par la nourriture (c'est leur sujet de conversation préféré. Ils mangent tout le temps et partout... Nous aussi du coup!), ils ont la meilleure cuisine du monde (2 mois qu'on se régale, le moindre boui-boui de bord de route sait préparer un festin en 3 min chrono), ils ont peur des fantômes (ils ne dorment jamais seuls, quitte à se faire prêter le bébé du voisin pour la nuit), ils adorent la télévision, ils adorent faire des crédits pour acheter des voitures, ils adorent leur roi, ils adorent Bouddha, ils détestent le conflit et nous, on a adoré nos deux mois ici. Aujourd'hui, sur les bords du Mekong, nous regardons le Laos à quelques dizaines de mètres de nous. Et comme disait le poète, "il suffit de passer le pont, c'est tout de suite l'aventure"...


CHIANG MAI (THAILANDE) - MAI 2010




 

     A Chiang Mai, nous avons fait : de la mécanique (beaucoup... c'est pour ça qu'on a maintenant des amortisseurs de compétition), de la carrosserie (beaucoup aussi... C'est pour ça que nous nous retrouvons avec une grosse ambulance toute blanche pour la somme astronomique de 120 euros), des rencontres (parce que qui dit garagiste dit voisins férailleurs, et qui dit voisins férailleurs dit soirées arrosées avec les voisins), de la pêche (parce qui dit Thaïs dit pêche le dimanche), de la rigolade (beaucoup), de la chaleur (indescriptible), de la visite de temples (beaucoup, des gros, des petits des colorés, des en bois)... Bref, tout ça nous a pris pas mal de temps... Nous avons réussi à reprendre la route (enfin)... Dix jours après notre arrivée!




PAI 
(THAILANDE) - AVRIL 2010

 

    Nous sommes en 2553 et ceci n’est pas un roman d’anticipation. Nous sommes en 2553 et nous avons toujours 31 ans. Nous sommes en 2553 et le vieux 508 est toujours aussi vieux. Nous sommes en 2553 et les éléphants ont droit à la sécurité sociale. Nous sommes en 2553 et nous avons toute notre tête. Nous sommes en 2553 et il fait très chaud. Nous sommes en 2553 et les éléphants sont à la retraite à 60 ans. Nous sommes en 2553, année bouddhiste, année du tigre. Nous venons de fêter le nouvel an, ici, en Thaïlande et par la même occasion le retour de la saison des pluies. Nous sommes en avril, l‘année commence et la Terre tourne rond, enfin presque. Nous n’avons pas été épargnés par les cérémonies folles de cette fête folle : c'est à coup de seaux d’eau et de talc sur le visage que nous découvrons de nouvelles villes. Tous les jours, pendant 5 jours, de 9h à 19h. Et 5 jours sous les seaux d’eau, c’est beaucoup ! Enfin le miracle est arrivé, il pleut pour de vrai!

 

       


   Et comme nous croyons désormais aux miracles et qu'un miracle n'arrive jamais seul, comme nous sommes toujours aussi téméraires (ou toujours aussi cons), nous avons décidé d’offrir à notre camion quelques jours de route de montagne… Grande idée le test in situ, sachant que nous parlons ici de montagnes thaïes. Et que c’est un peu comme parler de leur cuisine, c’est joli, c’est bon mais c’est très épicé ! Nous parlons donc de routes qui montent sévèrement et qui descendent plus sévèrement encore, de routes qui n’en finissent pas de tourner, qui se transforment en pistes puis redeviennent « normales » sans prévenir, de routes qui nous obligent à grimper à fond de première, de routes qui font chuter notre moyenne à 18 km/h


           





    Et c’est au beau milieu de ce petit périple que le voyage en camion a bien failli s’arrêter pour nous, perdus dans la montagne. Alors que nous faisions une pause sur le bord de la « route » pour que le moteur refroidisse, Julien suspecte une drôle d’odeur… Très optimiste, je lui dis que c’est normal, que c’est à cause de l’écobuage qu’ils pratiquent tout autour de nous. Je me lance dans un cours sur l’agriculture, la saison sèche en Asie etc. Ça sent le cramé quoi !  Nous étions donc en plein débat olfactif quand une flamme est apparue sur le moteur. Analyse de la situation (très rapide), réaction (très rapide aussi), action ! Heureusement, notre extincteur est aux normes, tout neuf, prêt à l’usage. Et ça marche ! Feu maîtrisé par Julien expert en sécurité ! Nous restons perplexes devant notre camion. En fait, la mousse qui était censée faire l’isolation phonique du moteur n’a pas résisté à la chaleur et a pris feu. Il nous reste
30 km pour atteindre la première ville, soit environ une heure de route. On ne peut pas rester là, on ne peut pas faire demi-tour, il faut repartir. Nous sommes très moyennement confiants. Finalement, le vieux merco repart comme à 20 ans (même si nous ne l’avons pas connu à cet âge là) et nous amène sans broncher jusqu’à Pai où nous décidons de rester quelques jours, histoire de nous remettre. Parce que la route est longue, que nous devons regagner Chiang Mai à 120 bornes de là, que 120 bornes, comme ça, ça fait pas beaucoup, mais nous, on sait qu’il va nous falloir une petite journée pour les faire et qu’une petite journée à 20 km/h des fois, c’est long !


 

               



KANCHANABURI
(THAILANDE) - AVRIL 2010
 

    Nous voilà pour quelques jours dans la province de Kanchanaburi, à Kanchanaburi et pour Kanchanaburi s'il y avait une équipe de foot. Nous séjournons à quelques mètres du Pont de la rivière Kwaïe et avons du coup la musique du film dans la tête de 8h du matin à minuit. C'est moins grave que d'avoir Pierre Bachelet mais quand même... D'autant que nos activités sont assez restreintes ces jours-ci pour cause de pic de chaleur. Nous essayons de survivre aux 40° matinaux qui ne font que grimper tout au long de la journée pour chuter brutalement à 39,5° en pleine nuit... Ici, il n'y a pas la mer et la rivière Kwaïe ne nous tend pas les bras, alors entre deux coups de chaud, il nous reste... la nourriture!
 




 

Nous non plus on ne sait pas toujours très bien ce qu'on mange. On ne saura certainement jamais. Des fois on devine un peu, d'autres fois pas. Mais le jeu est rigolo. C'est un peu comme se faire un bon Monopoly en famille à l'île de Ré, même quand on gagne, c'est le hasard (désolée ma soeur, il n'y a aucune tactique au Monopoly)!








KOH LANTA
(THAILANDE) - MARS 2010

 


 

    Ayant pour l'heure renoncé aux sauts de puces en avion à 1000km/h, c'est avec lenteur que nous avons quitté la Malaisie pour un autre étranger : la Thaïlande. Chaque jour apporte son lot de surprises, d'émerveillement, de lieux improbables. Au rythme de nos 60km/h de moyenne, que savourons la douceur du Siam.
Première étape : Ko Lanta. Non, nous ne nous sommes pas engagés en cachette pour un jeu de télé-réalité. Non, vous ne pourrez pas nous voir en prime-time sur TF1, la gambette à l'air, cet été. Non, nous ne mangeons pas d'araignées grillées pour gagner une épreuve de confort dans un resort de luxe. Non, nous ne dormons pas dans la jungle au milieu des reptiles en vue d'éliminer un adversaire féroce. Nous avons tout simplement négocié un bout de plage de rêve pour 2 euros. Et depuis, chaque réveil est un bonheur précieux.

 




     Certains se demanderont sûrement comment nous nous organisons pour supporter tant de bien-être. Ben, croyez-nous, les journées sont chargées! On commence par un petit dej' face à la mer. Après on va se baigner. Comme l'eau est trop chaude, on sort, en général, au bout de 10 minutes pour lire un peu, on discute beaucoup (et oui, on a encore des choses à se dire), après c'est déjà l'heure de se demander où on mange, une balade à moto, dans la jungle, puis il fait re-trop chaud donc trouver un bar pour l'orange pressée ou le citron pressé (ça depend des jours) de 16h, puis retour à la maison sur roulettes, douche, détente, mails, site etc., rêver en regardant la carte du monde, puis c'est l'heure de l'apéro, on discute encore (oui, oui, on a toujours des trucs à se dire!), puis c'est l'heure de trouver un resto (crevettes grillées ou poisson du jour?), entre-temps il y a eu le coucher de soleil, un dernier mojito vautré dans le sable avant de rentrer à la maison... Et voilà, la journée est finie, déjà. Plus qu'à recommencer demain...

 
 



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