KUALA LUMPUR UN JOUR, KUALA LUMPUR...

   Les affaires reprennent donc le 5 mars après la fameuse trêve balinaise. Les cocotiers, le sable fin, la mer claire, les oranges pressées, les balades à moto et tout et tout, j'en passe.
3 heures de vol. Kuala Lumpur. 38°. Humidité max.
Il va falloir se lancer dans les méandres de l'administration malaise : souscrire une assurance, obtenir l'ICP obligatoire ici, pour pouvoir enfin sortir notre camion du port. Entre temps, il faudra trouver un agent maritime qui se chargera du dédouannement, de la paperasse, de l'ouverture du container etc. Nous le savons, il est impossible d'assurer un véhicule de plus de 10ans en Malaisie. On serait tenté de penser que l'histoire est mal engagée. Mais ça serait oublier que nous sommes dans une ville de faussaires. Nous jouerons donc sur le même terrain. Après les fausses Rayban, les faux Northface, les Chanel approximatifs, et les Vuitton à peu près, nous dégainons notre fausse carte grise. Notre camion a rajeuni de 30 ans en un coup de scan (merci Gilles pour ta patience et ton habileté...). Non, nous n'avons pas eu cette idée lumineuse tout seul (oui maman, tu as bien lu, LUMINEUSE). Nous remercions donc au passage nos amis de route Marc et Hélène, Yan et Géraldine pour leurs précieux conseils. Ils l'ont fait. Ils n'ont pas été pendu. Ils ne sont pas en prison. Ils s'aiment encore (enfin, on croit). Ils continuent leur voyage. Nous filons chez Unasia avec notre fameuse fausse carte. 20 min plus tard et un ange-gardien indien après, nous sommes assurés au tiers pour 3 mois. Coût de l'opération 25 euros.


                                               


   Direction maintenant Putrajaya, capitale administrative à 20 km de Kuala Lumpur. Ministère des transports. Nous voilà armés d'une vraie-fausse assurance, et d'une fausse-fausse carte grise. On est un peu intimidé devant l'allure officielle des bâtiments. C'est donc dans un anglais approximatif que nous demandons un ICP. Une femme très voilée est notre interlocutrice. Elle prend tous nos papiers. 10 min plus tard, elle nous tend le précieux sésame... Un vrai ICP en couleur et tout!
Reste "plus" qu'à récuperer le camion... Et c'est pas une mince affaire. Le port est à 40 km, nous n'avons pas vraiment de contact sur place. Après de nombreuses heures passées au cyber-café déglingué du coin, des voyageurs nous font passer le contact d'un certain One $. On n'est pas franchement emballé par le pseudo mais bon. Nous tentons donc un mail pour expliquer notre situation. Et quelques heures plus tard, une réponse, un devis, une rencontre, une vraie!
Nous partons en train découvrir One $ et Abu son frère à Port Kelang. C'est autour du fameux Nescafé-au-lait-sucré que celui qui va devenir notre agent commence à s'occuper de nous comme un père. C'est un grand voyageur, il nous donne 1000 conseils, nous facilite la vie, les papiers, les démarches et les douanes. En revanche, il reste inquiet et pessimiste quand on lui montre le chargement de notre camion à Bordeaux. Il pense qu'il a été mal sanglé et qu'il va arriver comme un gros choux chantilly qui n'aurait pas supporté le soleil asiatique. Il nous reste Allah pour les prières. On va tenter, même s'il nous connait pas trop.


                                                                            


   Le grand jour arrive. Il fait très chaud, nous sommes le 13 mars, le container nous attend. Tout le monde est un peu tendu avant l'ouverture de notre pochette surprise. Et miracle, Tuktuk nous attend sagement dans sa boîte. Il n'a pas bougé. Pas cabossé. Rien. Il ressemble à une belle meringue. Il lui reste à démarrer. Après 5 semaines de mer... Et re-miracle. Premier contact, ronronnement du moteur. Marche arrière. Le voyage commence...
Nous restons quelques jours chez One $ pour préparer le camion et cap sur la Thaïlande. Non maman, on ne fonce pas à Bangkok... Reste calme!


                                                                            


*** SPECIALE DEDICACE : après un drame du quotidien (je me suis coincée le doigt dans le ventilo pas très "normes européennes") et de gros sanglots (ça fait mal de se faire scalper le bout du doigt par un ventilo malais ou chinois peut-être), j'ai eu le droit d'ouvrir la pochette surpise qui nous attendait dans le camion, offerte par Milou avant notre départ. Et là, mieux qu'un hôpital américain, français, singapourien, mieux que le Docteur Ross : un pot de Nutella king size, du chocolat côte d'or, du paté Lou Gascoun, du vin rouge, blanc, un bas-armagnac grand cru... Voilà oubliés les doigts coupés! Milou t'es dingo. Tu peux pas savoir comme tu nous as fait plaisir. Dans un pays musulman où il est difficile de trouver de la bière, la simple vue d'une bouteille de vin a été salvatrice... Merci merci merci... 
 





 
 



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